Le syndrome de Cushing

Syndrome de Cushing
par : Camille Gauthier, Élise Côté et Maroussia Mosimann Maegerli

                     Le syndrome de Cushing est une maladie rare que l’on retrouve essentiellement chez les jeunes femmes âgées entre 20 et 40 ans. Celui-ci se caractérise par plusieurs symptômes tels une obésité du visage et du haut du corps, une ostéoporose des côtes et des vertèbres, une hypertension artérielle ainsi qu’une trop grande sécrétion d’hormones glucocorticoïdes. Dans l’article qui suit, il sera justement question des causes possibles du syndrome de Cushing et plus particulièrement, du syndrome de Cushing iatrogène qui s’explique par la prise de fortes doses de corticoïdes de synthèse.

                    En effet, il est important de mentionner qu’il arrive qu’un médicament, visant à substituer une hormone, affecte le fonctionnement de la glande qui produit cette dernière et engendre des effets néfastes sur l’organisme atteint. C’est exactement ce qui survient dans le cas d’un syndrome de Cushing iatrogène, maladie dont souffre notre tante Alberte. La production de cortisol, une hormone naturelle sécrétée par les deux glandes surrénales, s’en trouve alors modifiée.  La sécrétion de celle-ci est stimulée par le stress et par une diminution du glucose sanguin qui survient même lors d’une brève période de jeûne. En effet, ce stéroïde est libéré sous l’action de l’hormone adénocorticotrope (ACTH) et de la corticolibérine (CRF), respectivement sécrétées par l’hypophyse et l’hypothalamus. Cette libération se produit en raison d’un stress physique ou psychologique et prépare l’organisme à mieux contrer celui-ci.

                    Concrètement, le cortisol a plusieurs effets sur le corps humain. Notamment, il prépare au stress en déclenchant des mécanismes qui apporte de l’énergie au cerveau. En effet, cette hormone active la glycogénolyse et la néoglucogenèse et diminue l’entrée du glucose dans les cellules autres que nerveuses. De cette façon, une plus grande quantité de glucose se rend aux cellules nerveuses du cerveau et apporte de l’énergie à celui-ci. Il joue aussi un rôle dans plusieurs systèmes physiologiques tels que la régulation de la tension artérielle, celle de la fonction cardio-vasculaire, du métabolisme des glucides et de la fonction immunitaire. De plus, cette hormone module la transcription génétique et stimule des procédés qui interviennent dans l’augmentation du taux de glucose dans le sang et le maintien de la glycémie normale. De même, elle produit des actions sur le métabolisme des protéines en augmentant la destruction des muscles, de la peau et des os et est aussi une source d’énergie pour les muscles. Elle régule aussi bien d’autres métabolismes tels que ceux des graisses, de l’eau, du calcium, du sodium… Chez un enfant, une dose un peu trop élevée  de cortisol cause un arrêt de croissance en inhibant l’hormone de croissance. Le cortisol a une action immunologique anti-inflammatoire et antiallergique en inhibant la synthèse et la libération de cytokines impliquées dans la vasodilatation ou la contraction des muscles lisses non vasculaires. Les cytokines agissent sur toutes les phases de l’inflammation et sur le processus de cicatrisation. Une trop grande quantité de cortisol favorise donc les infections. L’hormone a également des actions sur l’acidité gastrique, il peut entraîner ou aggraver les ulcères. Cette hormone en est donc une qui augmente les facteurs de risques cardiovasculaires.

                    Le syndrome de Cushing peut avoir plusieurs causes, toutes liées à la production de cortisol. En effet, il existe plusieurs circonstances pathologiques qui expliquent l’apparition d’un syndrome de Cushing endogène. Il peut, par exemple, être causé par une hypersécrétion de l’hormone ACTH (Adreno Cortico-Tropic Hormone ou hormone corticotrope) par l’hypophyse qui donne l’ordre à la glande surrénale de produire plus de cortisol. Cette hypersécrétion d’ACTH est souvent due à un adénome (tumeur bénigne glandulaire) qui se développe dans l’hypophyse à partir des cellules. Ce peut aussi être une tumeur voisine sur un tissu cancéreux qui provoque une plus grande sécrétion d’ACTH. En effet, il arrive que des tumeurs en dehors de l’hypophyse se mettent à sécréter de l’ACTH. Dans la grande majorité des cas, il s’agit de tumeurs bénignes ou malignes qui peuvent être retrouvées dans les poumons. Cette situation est appelée le syndrome de Cushing paranéoplasique.  Dans les deux cas, le surplus d’ACTH entraîne automatique une sécrétion de cortisol par les deux surrénales qui deviennent hypertrophiées.  Finalement, le syndrome de Cushing est parfois causé par une utilisation excessive de corticoïdes de synthèse, c’est-à-dire de médicaments à base de cortisol. C’est ce qu’on appelle le syndrome de Cushing iatrogène et c’est cette maladie qui explique l’ensemble des changements observés dans la morphologie de notre tante Alberte. En effet, comme celle-ci souffre d’arthrite rhumatoïde depuis plusieurs années, elle consomme plusieurs médicaments, dont de la cortisone. Ce produit agit en réduisant l’enflure, l’inflammation et l’irritation c’est pourquoi il est généralement  utilisé par les médecins pour contrer l’arthrite.

                    De plus, il est important de noter que le syndrome de Cushing entraîne plusieurs conséquences dont une hypertension artérielle, une amyotrophie des muscles associée à une fatigue importante, de l‘ostéoporose. Chez la femme, la maladie peut causer une aménorrhée (absence de règle) et chez l’homme, une impuissance. De plus, elle entraîne une obésité de la tête et du tronc et, par le fait même, l’apparition de vergetures souvent pourpres et larges sur l’abdomen, les cuisses et la poitrine. Un développement excessif du système pileux sur le visage et une grande présence d’ecchymose, traduisant la fragilité vasculaire, peut s’apparenter à la maladie. Aussi, comme mentionné précédemment, l’hormone du cortisol stimule l`augmentation du taux de sucre dans le sang, cela peut donc créer un diabète sucré chez la personne atteinte. C’est pourquoi notre tante Alberte à beaucoup de difficulté à maintenir un taux de glycémie dans la normale. Finalement, ce syndrome peut également causer des troubles neuropsychologiques tels des maux de tête, des troubles de l’humeur, une tendance dépressive et, parfois, des troubles mentaux pouvant aller jusqu’à la psychose.

                    Pour contrer l’ensemble de ses conséquences, il existe plusieurs traitements possibles dont le but est de supprimer la cause de l’excès de sécrétion du cortisol. Les moyens de guérir un syndrome de Cushing divergent selon la cause du dérèglement. Par exemple, lorsque le syndrome est dû à un adénome de la surrénale, il suffit de retirer, par chirurgie, la surrénale malade. Lorsque la chirurgie est un échec ou bien lorsqu’elle est inenvisageable, la radiothérapie peut être utilisée tout comme la réduction de la sécrétion de cortisol avec des médicaments tel le Mitotane qui est utilisé pour traiter le cancer des glandes surrénales. Malheureusement, ces derniers causent souvent une insuffisance surrénale qui peut entraîner un diabète. Enfin, quand l’ensemble de ces traitements n’est pas possible ou efficace, on procède à une ablation bilatérale des glandes surrénales afin de stopper la sécrétion de cortisol.

                Pour ce qui est du traitement pour le syndrome de Cushing iatrogène, il consiste à diminuer la dose du médicament à base de corticoïdes ou tout simplement à changer le médicament qui cause le syndrome. Pour prévenir ce dernier, il existe certaines précautions que notre tante Alberte aurait pu prendre soit de supprimer sa consommation de sucre et de sel ainsi que d’avoir un régime riche en protéines, en calcium et en potassium.

               En conclusion, il est important de mentionner qu’une vie saine, une activité physique journalière ainsi qu’une alimentation équilibrée sont indispensables et peuvent même contribuer à augmenter la qualité de vie des personnes, qui comme notre tante Alberte, sont atteintes du syndrome de Cusing. De plus, il est intéressant de savoir que presque la totalité des symptômes du syndrome de Cusing disparaît en quelques mois après l’arrêt de l’hypersécrétion du cortisol.

 

Voici quelques sites intéressants si vous souhaitez en apprendre davantage sur le syndrome de Cushing :

[1] http://www.masantenaturelle.com/chroniques/poids/poids_cortisol_exces_de_poids.php

[2] http://www.orpha.net/data/patho/Pub/fr/Cushing-FRfrPub8667.pdf

[3] http://www.vulgaris-medical.com/encyclopedie/cushing-maladie-et-syndrome-de-1316.html

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